Origines (tome 1: Le dernier Oracle) – Agnès Rabotin

Titre: Origines (tome 1: Le dernier Oracle)

Auteur: Agnès Rabotin

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Synopsis:

A 29 ans, Johanne a une mémoire hors norme et un odorat d’une extrême sensibilité. Elle est enceinte de son premier enfant et tout serait parfait si Hadrien, le futur papa, n’était pas un jeune homme trop immature pour faire face à ses responsabilités. Hadrien est parti. S’ajoute à cela l’intrusion dans sa vie d’un mystérieux personnage: elle voit à travers son regard, tandis qu’il la fait entrer dans une nouvelle réalité. Un voyage qui va lui permettre de comprendre les plus grands mystères de l’existence et plus encore, que rien dans sa vie à elle n’est le fruit du hasard. Et si son bébé était l’enjeu d’une rivalité olympienne?

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Mon avis:

Une jolie découverte que ce roman mêlant fantastique et mythologie grecque. Je remercie d’ailleurs chaleureusement l’auteur pour m’avoir fait parvenir son livre 🙂 

Ce livre n’est en fait pas vendu en librairie. Pour le format papier, il faut passer par Amazon (qui fait payer les frais de port) ou contacter l’auteur directement (qui, elle, ne fait pas payer les frais de port ;-)); sinon, il y a un format numérique un peu plus largement diffusé depuis le mois de mars et le passage d’Agnès Rabotin chez L’ivre-Book (collection Imaginarium). Bon, de mon côté, je ne lis pas du tout en numérique, ce n’est pas mon truc, j’aime avoir l' »objet-livre » dans les mains. Du coup, j’ai contacté l’auteur directement et elle a très gentiment accepté de me faire parvenir un exemplaire papier pour ma chronique (YAY :))! J’avais découvert le roman sur le blog des Chroniques de Johanne qui m’avait vraiment envie de le lire.

On débute l’histoire à Paris, avec Johanne, enceinte et affublée d’une mémoire photographique / olfactive hors-norme (je ne comprenais pas bien pourquoi l’auteur insistait autant sur ce point au départ, mais tout prend son sens une fois qu’on a l’explication). Le père de son bébé, Hadrien, la quitte, et part travailler à Athènes, ne se sentant pas prêt à assumer la charge d’un enfant. Johanne se retrouve donc seule au pire moment, puisque non seulement elle est enceinte, mais elle commence à souffrir de troubles neurologiques étranges: à certains moments, elle a l’impression de rêver, de se retrouver dans la peau de quelqu’un d’autre. On comprend rapidement que ce n’est pas qu’une impression, et que dans ces moments où elle parvient à voir par les yeux de quelqu’un d’autre, cette personne arrive elle aussi à voir par les yeux de Johanne. Une sorte de connexion télépathique s’établit alors entre les deux personnages, et c’est ce qui débute vraiment le roman: qui est cet homme? pourquoi ne répond-il a aucune des questions de Johanne?

L’intrigue nous plonge très rapidement au coeur de la mythologie grecque, dont j’avais des connaissances de base sans que ça aille très loin (je connaissais les dieux de nom, leurs spécialités, quelques mythes de loin). Des informations concernant tous ses personnages sont distillées dans le roman, qui mélange habilement mythes et anciennes croyances avec le monde moderne dans lequel évolue Johanne. C’est très intéressant d’un point de vue purement culturel (on sent que l’auteur s’est renseignée avant d’écrire et comme vous le savez, j’aime bien quand c’est un peu creusé :)) mais la façon dont ces éléments sont intégrés au XXIème siècle est très intelligente également. Je ne sais pas si on peut dire que c’est « crédible », mais c’est clairement bien trouvé :). Le roman est divisé en 3 parties de plus en plus courtes, la première centrée sur Johanne, la seconde alternant avec Hadrien et la troisième, la plus courte, dans laquelle on découvre le point de vue d’Eros, un des personnages principaux.

Au niveau des points sur lesquels j’ai tiqué, en fait, c’est un ressenti global d’un ton assez monocorde. Qu’il y ait de l’action ou pas, l’écriture (bonne au demeurant!) est assez plate, on ne ressent pas les changements de rythme. A part Apollon, qui est très changeant, les autres personnages nous disent ressentir des émotions mais ne les montrent pas du tout. Johanne, par exemple, n’a pas vraiment de réaction quand Hadrien la quitte et semble accepter très vite ce qui lui arrive.

La fin de l’histoire est bluffante. Je ne suis pas du genre à chercher à savoir la fin d’un live avant d’y être, mais là, je n’avais rien vu venir et j’ai vraiment beaucoup aimé. Les 50 dernières pages sont justement beaucoup plus rythmées que le reste du livre, avec des rebondissements et des révélations en cascade, et ça donne vraiment envie de lire la suite!

Je trouve très dommage que des romans de cette trempe ne soient pas diffusés plus largement. Il a tout à fait de quoi séduire un large public, et je l’ai trouvé bien meilleur que certains livres publiés par de grandes maisons d’éditions qui sont loin d’être de cette qualité!

En résumé:  cloud_avatar_by_kezzi_rose-d1moi6s.gif   cloud_avatar_by_kezzi_rose-d1moi6s.gif

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et en bonus, une interview accordée par Agnès Rabotin (que vous pourrez retrouver sur sa page dans l’onglet « auteurs » ;-)):

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’écrire Origines? Quelles ont été vos influences (littéraires ou autres)?

L’envie d’écrire était très présente quand j’étais adolescente. Puis, avec la vie trépidante d’adulte, de maman, je suis passée à autre chose. Et voilà qu’en 2009, je découvre Twilight au cinéma. Quand j’ai su que ce film était tiré d’une série de livres, j’ai eu très envie de les lire, et c’est là qu’il y a eu un déclic. Ces livres, que je dévorais – dans leur version originale –, j’aurais voulu les avoir écrits moi-même. Un très étrange sentiment de frustration ! Ce sont donc bien les livres de Stephenie Meyer qui m’ont influencée et donné envie d’écrire ; j’en souris aujourd’hui. Durant cette même année 2009, j’ai commencé à ébaucher un début d’histoire sans trop savoir où j’allais. Je n’avais que quelques pistes : il y aurait des dieux grecs, une femme qui aurait une mémoire particulière et un bébé.

Jostein Gaarder m’a influencée aussi, notamment avec Le Monde de Sophie, car, comme lui, je voulais que ce livre soit une mine d’informations sans être didactique. Que le lecteur découvre ou retrouve la mythologie grecque sans vraiment en avoir l’intention, juste par le plaisir d’anecdotes disséminées çà et là et par l’histoire des dieux. Je me suis beaucoup documentée pour coller le plus possible aux différentes variantes de la mythologie. Il y a bien sûr des détournements, car il fallait parfois bien servir mon histoire… Sur le site dédié à mon livre, http://ledernieroracle.jimdo.com/, le lecteur peut accéder à un certain nombre de pages qui reprennent les mythes et les personnages qui sont dans mon roman pour s’y référer en cas de doute.

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Pourquoi avoir choisi de vous focaliser sur la mythologie grecque en particulier, plutôt que sur d’autres mythologies antiques ?

C’est cette mythologie-là qui m’attire depuis que je suis toute jeune, difficile de dire pourquoi. La mythologie grecque, mais aussi la Grèce, Athènes… Au collège, un prof nous avait fait découvrir l’Odyssée, mais j’avais l’impression que je connaissais déjà. J’avais pas mal de livres sur le sujet, et on retrouve souvent des références à la mythologie grecque dans les films, les dessins animés… et chaque fois qu’il y avait une référence mythologique, cela éveillait ma curiosité. C’est comme si j’avais baigné dans cette mythologie-là sans vraiment le vouloir, comme si c’est elle qui m’avait trouvée… La découverte des philosophes grecs plus tard ne m’a pas permis de me lasser. J’ai appris le grec démotique avec la bonne vieille méthode Assimil et j’ai un peu voyagé en Grèce, surtout à Athènes, seule et avec mon mari.

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Je vois sur votre site que vous avez démarché assez peu de maisons d’édition avant de vous décider à vous autopublier. Pour quelle raison n’avez-vous pas continué à chercher un éditeur (qui aurait permis à votre livre d’être plus connu) ? Était-ce parce que vous appréhendiez qu’on juge votre travail, que vous préfériez finalement gérer votre livre de A à Z… ?

Effectivement, j’ai envoyé à cinq maisons d’édition seulement, sans grande conviction. De grandes maisons, car j’avais à l’idée – peut-être à tort, je ne sais pas – qu’une petite maison d’édition allait me reléguer dans un coin de son catalogue tout en gardant le coude sur mes droits et que je serais pieds et poings liés. Et puis on commençait à parler de l’arrivée imminente du phénomène Amazon Kindle et ce fut comme une évidence pour moi. Très tentante l’idée d’être son propre éditeur, de gérer son livre de A à Z, de ne rien devoir à personne. Et ce qui me plaisait particulièrement, avec Kindle, c’était la possibilité de gérer mon livre, de faire les modifications que je souhaitais et autant de fois que nécessaire. Bien m’en a pris, car la toute première version de mon roman, qui a été écrite sur 3 ans, était inégale dans le style. C’était mes premiers écrits, je me cherchais en quelque sorte, et je suis passée d’un style très introspectif et descriptif à un style plus « actif », avec de l’humour notamment. Après les retours de lecteurs, j’ai pu en prendre conscience et « écrémer » la première partie, la rendre plus légère – et donc plus digeste.

Je parle de la version numérique, mais la version papier est celle qui me donne le plus de plaisir : avoir fait toute seule ma mise en page, commander mes cartons de livres, mes supports de promotion, aller à la rencontre des lecteurs lors de séances de dédicaces… J’en vends assez peu, certes, mais ce que je vends, c’est grâce à mes efforts, ça me rend encore plus fière.

Puis est arrivé le moment où mes ventes sur Amazon ont commencé à stagner. Je ne suis pas une pro de la communication, j’ai été au bout de mes possibilités sur Facebook. J’ai alors confié mon livre à un éditeur numérique, L’ivre-Book. Lilian Ronchaud m’a fait entièrement confiance et a accepté de prendre mon livre tel quel, ce qui m’a permis de diversifier les plateformes numériques (Numilog, Fnac.com, Chapitre.com…). C’est tout récent (le 21 mars 2015), je n’ai pas encore le recul nécessaire pour savoir si ça a eu un impact sur les ventes. Dans tous les cas, j’ai décidé de garder mes droits sur la version papier, en tout cas pour l’instant.

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Où en êtes-vous de la suite du Dernier Oracle?

Je m’étais promis de ne pas mettre trois ans à l’écrire, et je n’ai pas réussi à tenir ma promesse… J’en suis actuellement à plus de 400 pages, mais cela fait bien six mois que je n’ai plus écrit, ou de manière trop irrégulière, suite à un changement dans ma vie professionnelle qui m’a accordé trop peu de temps. J’ai la possibilité de m’y remettre aujourd’hui, alors je compte bien répondre à l’attente des lecteurs qui me demandent régulièrement quand sortira le tome 2. Un peu de pression, sentir que mon livre est attendu, me pousse à continuer.

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Avez-vous une habitude particulière pour écrire ? Quel est votre rythme d’écriture ?

Pas d’habitude, pas de régularité, pas de plan. C’est sans doute un des facteurs de ralentissement, mais c’est comme ça que j’aime écrire, que j’y prends du plaisir. Zéro contrainte.

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Avez-vous un genre littéraire préféré ? Quel est votre/Quels sont vos livre(s) préféré(s) ?

Je n’ai pas de genre littéraire de prédilection, je peux tout lire à part les biographies et les histoires qui font peur. Après, je ne dis pas que je vais tout aimer…  Disons qu’il y a parfois de bonnes surprises où on ne les attend pas ! Maintenant, j’avoue être surtout attirée par les histoires où il y a une pointe de fantastique, de l’amour, de beaux apollons…

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Aimeriez-vous une adaptation cinématographique?

Et comment ! Ce serait une concrétisation. Ce qui est amusant, c’est que j’écris en ayant mes personnages en scène dans la tête. Je leur colle le physique d’un acteur et je les vois jouer.

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Un conseil pour inspirer les écrivains en herbe?

J’ai lu parfois des conseils aux auteurs, et ce qui me laisse perplexe, c’est que bien souvent, à moi, ces conseils ne conviennent pas. Mieux encore, je constate qu’il y a autant de façons d’écrire que d’écrivains ou presque. Je crois qu’une personne qui a envie d’écrire n’a pas vraiment besoin de conseils. C’est toujours rassurant de lire des « méthodes », des « trucs et astuces »… mais au bout du compte, je ne crois pas que les gens les suivent vraiment, ils y vont à l’instinct. En revanche, j’ai créé un blog, http://je-me-publie.jimdo.com/ pour aider l’écrivain en herbe à s’autoéditer. Parce qu’il y a l’écriture, certes, mais il y a aussi la mise en page de son livre papier, les démarches légales, la promotion… Je ne prétends pas être exhaustive ; ma volonté est de faire partager ce que j’ai appris tout au long de mon petit parcours, et j’apporte ce que je peux en fonction de mes compétences de correctrice aussi.

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