Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol

Titre: Les yeux jaunes des crocodiles

Auteur: Katherine Pancol

les yeux jaunes des crocodiles  katherine pancol

Synopsis:

Joséphine et Iris sont deux sœurs de la quarantaine. Joséphine, historienne spécialiste d’histoire médiévale, méprisée par sa mère qui n’a jamais mis sa confiance en elle, est une femme introvertie et couverte des dettes qu’a contractées son ex-mari chômeur. Elle élève péniblement ses deux filles, dont l’aînée, Hortense, la considère comme une ratée. Iris, belle bourgeoise blonde parisienne, favorite de sa mère, est une femme d’avocat oisive, frivole et exubérante. Afin de se donner une importance qu’elle n’a pas, Iris annonce lors d’un dîner écrire un roman sur l’histoire d’une femme au moyen-âge, et se trouve bientôt dans une impasse quand un éditeur s’intéresse à ses supposés travaux littéraires. C’est alors qu’elle va supplier sa sœur Joséphine d’écrire le roman pour elle, lui promettant de lui laisser tout l’argent des ventes pour sortir de ses dettes, en échange du prestige d’avoir écrit l’œuvre. Joséphine accepte à contrecœur. Le roman, à sa sortie, est encensé par la presse, connaît un succès prodigieux auprès du public et devient un best-seller en quelques mois. Les relations entre les deux sœurs se compliquent, et l’imposture commence à devenir visible dans la famille. Sur fond d’instabilité conjugale à tous les niveaux générationnels, les destins de ces femmes, faits de déchirements, de mépris mutuels et de jalousies, vont entrer en mutation jusqu’à trouver un équilibre naturel.

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Mon avis:

J’ai attendu trèèès longtemps avant de me décider à lire ce bouquin, que tout le monde a lu mais qui ne me parlait absolument pas. Mon père me l’ayant prêté (avec d’autres), il a encore attendu un an avant que je ne le sorte de ma PAL, mais mieux vaut tard que jamais 🙂

Je dois bien avouer que la littérature contemporaine, stricto sensu, ça n’est pas mon style de prédilection.  J’en lis régulièrement, mais c’est un genre un peu fourre-tout dans lequel on peut trouver de tout, du bon et du beaucoup moins bon, des Goncourt (je n’en ai jamais lu mais je ne sais pas pourquoi, j’en ai l’image d’une littérature très élitiste et prétentieuse, et ça ne m’attire pas du tout) ou bien des perles comme Avant toi ou Les heures lointaines. Du coup, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, c’est la loterie.

Pour m’aiguiller, je suis très sensible aux quatrièmes de couverture, mais alors là, pour ce bouquin, l’éditeur a fait fort question synopsis: « Ce roman se passe à Paris. Et pourtant on y croise des crocodiles. Ce roman parle des hommes. Et des femmes. Celles que nous sommes, celles que nous voudrions être, celles que nous ne serons jamais, celles que nous deviendrons peut-être. Ce roman est l’histoire d’un mensonge. Mais aussi une histoire d’amours, d’amitiés, de trahisons, d’argent, de rêves. Ce roman est plein de rires et de larmes. Ce roman, c’est la vie. » Plus nébuleux, tu meurs. Tu lis le truc, tu ne sais absolument pas de quoi parle le bouquin. J’ai une sainte horreur de ce genre de résumés qui n’en sont pas, et c’est en grande partie pour ça que je n’ai jamais voulu le lire. Avant de commencer un livre, j’aime savoir dans quoi je m’engage. (Du coup, je me suis permis de remanier un peu un résumé que j’ai trouvé sur internet pour le synopsis, je ne voulais pas mettre celui du livre ^^).

Bref, le fait est qu’on me l’a prêté et que j’ai finalement réussi à le sortir de ma PAL, dans un élan un peu maso de vouloir sortir en même temps tous les livres qui me tentent le moins (ne me demandez pas pourquoi. Ca m’énervait de voir tous ces livres prendre la poussière depuis des mois, il fallait que ça change et que ma PAL se renouvelle ^^).

Je dois dire qu’au début, j’ai vraiment eu du mal. Exactement comme pour Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda, l’intrigue est incroyablement longue à se mettre en place, c’est très contemplatif. On présente les personnages (normal me direz-vous), mais là, cette partie de présentation est super longue et je ne voyais toujours pas le bout de la queue d’une éventuelle intrigue à la page 200..  Le fait que le livre ne soit pas découpé en chapitres n’aide pas. Il n’y en a aucun. L’intrigue est simplement découpée en 5 parties (le roman faisant 660 pages, chaque partie fait dans les 110 pages en moyenne), du coup il n’y a absolument pas de rythme de ce côté-là non plus. (Personnellement, j’ai une préférence pour les chapitres assez courts, justement parce que ça permet de rythmer un peu la narration. Et puis, on peut se dire « bon, j’arrête à la fin du chapitre », mais là ce n’était pas possible ^^). Arrivée à ce stade, j’ai pris le taureau par les cornes et je me suis décidée à regarder le film (sorti l’an dernier). Je me disais que si je n’aimais pas le film, j’arrêterais le livre, sinon je continuerais. Et finalement, j’ai réussi à regarder le film sans encombres, ce qui m’a décidée à continuer ma lecture. Ayant ensuite les acteurs en tête, j’accrochais déjà un peu plus; et puis l’histoire finit quand même par démarrer (au tiers du livre), et à partir de là, j’ai réussi à terminer le bouquin sans problème.

Je trouve que le film a réussi à capter l’essence de l’intrigue (la relation toxique entre les deux soeurs) et à se concentrer dessus, plutôt que de s’éparpiller autour des personnages secondaires comme l’auteur dans le roman. Il y a dans le livre des protagonistes (Mme Bartillet et son fils Max, Mylène…) ou des sous-intrigues (le secret de Shirley avec la famille royale anglaise, le travail d’Antoine en Afrique…) qui ne servent franchement à rien et qui alourdissent le récit. 

Les personnages présentent un intérêt très inégal. Joséphine est l’héroïne principale et elle est présentée comme fade, balourde et peu intéressante. Elle prend de l’ampleur a mesure de l’avancée du récit et son évolution fait plaisir à voir, même si elle a encore bien des progrès à faire pour s’affirmer à la fin. Sa soeur Iris est juste l’archétype de la femme au foyer vide, sans substance et méprisante par dessus le marché. Shirley et Gary sont attachants. Marcel et Josiane sont mignons, mais leur histoire fait partie de ces sous-intrigues inutiles dont on pouvait largement se passer… Quant à la fille de Joséphine, Hortense: mais que quelqu’un la tue celle-là! C’est juste pas possible de parler comme ça à quelqu’un, et encore moins à sa mère!! Je n’en revenais pas que Joséphine lui passe toujours tout!

En bref, une lecture pour laquelle j’ai dû vraiment m’accrocher avant de m’attacher aux personnages, et qui finalement n’est rien de plus qu’une jolie chronique de la vie ordinaire. Je trouve que ça manque globalement d’un petit peu de fantaisie, d’un grain de folie. (Par exemple, Morwenna de Jo Walton est aussi une chronique de la vie quotidienne d’une jeune fille, il ne se passe pas grand chose, mais l’introduction de fées (réelles ou non? on ne sait pas vraiment) par l’intermédiaire de l’imaginaire de Morwenna ajoutait un petit plus au roman. Ici, rien de tel). Certes, le roman et de l’imposture d’Iris sont au coeur de l’intrigue dans la seconde moitié du livre, mais pour moi, c’est surtout l’histoire d’une femme qui apprend à s’affirmer et à s’assumer, hors des contraintes que lui imposent sa famille, ses enfants ou son ex-mari.

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