Le songe d’Adam – Sébastien Péguin

Titre: Le songe d’Adam

Auteur: Sébastien Péguin

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Synopsis:

Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours. C’est dans ce cadre magnifique que s’installent Hugo, chercheur dans le domaine des lettres, et sa fille Morgane, inventive adolescente. Mais la Forêt-Noire est également le cadre de légendes ancestrales, dont certaines seraient peut-être bien plus que de simples légendes… Et lorsque Morgane commence à percevoir des choses qui ne devraient pas exister et que les fantômes du passé du père et de la fille semblent devenir plus que des souvenirs, l’horreur surgit, et les disparitions au cœur des bois trouvent une explication que l’esprit humain ne peut concevoir…

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Mon avis:

Le premier roman d’un auteur indéniablement à suivre, malgré quelques petits défauts qui ne m’ont pas empêchée d’apprécier le bouquin – découvert au Salon du Livre de cette année. Je me suis arrêtée par hasard sur un stand où l’auteur le présentait, j’ai noté le titre, je lui ai dit que je repasserai peut-être, et finalement, je ne suis pas repassée… mais le livre m’est resté en tête et j’ai quand même fini par l’acheter 🙂

On commence par un prologue qui m’a inquiétée pour la suite de la lecture – je l’ai trouvé long et sans grand intérêt. Après avoir lu le tout, je me rends compte qu’il permet de « boucler la boucle », mais le livre ne serait pas moins bon si le prologue n’était pas là. Une fois qu’on entre dans l’histoire proprement dite, on rencontre les deux personnages principaux du romans, Hugo, thésard (sujet d’étude: Dionysos) et sa fille Morgane, 15 ans. Ce sont les seuls personnages du livre sur lesquel l’auteur s’apesantit vraiment, les autres sont plus là pour servir de support à l’intrigue et à l’avancée des recherches d’Hugo.

Parlons-en, d’Hugo. Il a perdu sa femme Mélanie une douzaine d’année plus tôt, d’une tumeur cérébrale, et élève seul Morgane, qu’ils ont eue ensemble. Auparavant très croyant, la mort de sa femme l’a détourné de sa foi et il s’est plongé dans l’écriture de sa thèse sur le dieu grec Dionysos pour essayer de se reconstruire. Il lui arrive pourtant d’entendre sa femme lui parler, surtout quand il s’agit de leur fille (les passages dans lequels Mélanie lui ‘parle’ sont écrits avec une police d’écriture très jolie, mais pas forcément évidente à lire). Pour terminer sa thèse, il doit se rendre le temps d’une annnée scolaire en Allemagne, et trouve un chalet en pleine Forêt Noire où loger avec Morgane pendant cette période. Souvent absent, délaissant sa fille sans se rendre compte qu’elle vit mal ses absences, Hugo m’a fait de la peine, car on sent qu’il essaie de bien faire, mais il n’arrive pas à faire la part des choses entre ses recherches universitaires et son devoir de père. L’absence de sa femme ne l’aide pas beaucoup (pourtant elle est plutôt claire dans les conseils qu’elle lui donne… mais il ne l’écoute pas beaucoup). Même si parfois j’avais envie de lui dire « mais enfin, reste avec ta fille! », je peux comprendre le tiraillement dont il est victime. De son côté, Morgane est une adolescente plutôt artiste, elle souhaite intégrer une école d’art et dessine beaucoup. A leur arrivée en Forêt Noire, pendant les absences de son père, elle va beaucoup se rendre dans la carrière de sable derrière leur chalet, où elle va être victime d’hallucinations (mais s’agit-il vraiment d’hallucinations?). Elle va également voir son énergie créatrice décuplée, j’avais presque l’impression qu’elle était possédée. Plusieurs fois dans le livre, on la sent très en colère contre son père, dont les absences répétées lui pèsent, et on ne peut s’empêcher de penser « ça va mal finir, il va lui arriver quelque chose« . J’ai eu plus de mal avec elle, je ne l’ai pas comprise. Son comportement oscille entre le très mature et le très immature et je n’ai pas franchement capté ses jeux dans la carrière (soit elle est un peu trop vieille pour ce genre de jeux, soit elle est un peu barge)…

Hugo et Morgane sont entourés par différents protagonistes qui, comme je l’ai dit, n’occupent pas le devant de la scène. Ceux qui m’ont le plus marquée sont le propriétaire de leur chalet et ses deux fils (on sent qu’ils cachent quelque chose mais sans vraiment savoir quoi). Les autres, je vous laisse les découvrir 😉

Au niveau de l’intrigue, je dois avouer qu’au début, j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Je ne voyais pas bien où ça allait, où l’auteur allait nous mener. A leur arrivée en Forêt Noire, Hugo et Morgane se perdent sur un chemin qui disparait ensuite complètement, et qui n’apparaît pas sur les cartes. A cette occasion, ils aperçoivent tous les deux un cerf très mal en point, blessé, défiguré… Une fois chez eux, Hugo se plonge dans ses recherches sur Dionysos, mais Morgane va commencer à être victime d’hallucinations et de cauchemars terrifiants. Pendant l’un de ces moments, elle entend distinctement une comptine en allemand, qu’elle répète à son père… et c’est là que commence véritablement le livre. Hugo cherche à en savoir plus sur cette fameuse comptine, et de fil en aiguille, d’un interlocuteur à l’autre, on parcourt de nombreux mythes allemands et nordiques pour en arriver au fin mot de l’histoire, c’est très intéressant et instructifSes recherches, d’abord orientées sur sa thèse, prennent une toute autre dimension et nous orientent autour des légendes qui expliquent petit à petit ce qui arrive à sa fille.

L’ambiance du roman, avec les personnages isolés, plongés au coeur de la Forêt Noire, est sombre, pesante, malsaine, mais c’est pour moi le gros point fort du livre. J’ai adoré cette atmosphère inquiétante, hyper bien rendue. J’ai lu quelque part que l’auteur voulait rendre hommage à Simetierre de Stephen King (que j’adore Image17). Au début, je ne voyais vraiment pas de rapport entre les deux histoires, et finalement, le lien se tisse, jusqu’à devenir carrément évident sur la fin – mais pourtant, les deux intrigues sont complètement distinctes et traitées très différemment. Simetierre était plutôt contemplatif, et ne proposait pas d’explication quant au phénomène rencontré. Sébastien Péguin va beaucoup plus loin dans sa réflexion, et les différentes recherches que réalisent Hugo pendant l’histoire lui permettent de proposer des pistes, des rapprochements, des explications à ce qui se passe. Parfois, c’est même trop poussé (on sent que l’auteur est prof et que son personnage est thésard), c’est trop didactique et ça fait un drôle d’effet de se retrouver plongé dans des réflexions historico-ésotérico-philosophico-théologiques entre deux scènes horribles. Car, oui, Le songe d’Adam peut être classé dans les romans d’horreur. Certaines scènes sont franchements gores – personnellement, j’aime bien, mais ça ne plaira pas à tout le monde.

Je ne sais pas trop quoi penser de la fin, qui est assez positive alors que le roman s’enfonce dans l’obscurité et la noiceur au fur et à mesure de son avancée. Je m’attendais donc à une fin glauque, horrible, et finalement, c’est autre chose que l’auteur nous propose. Ce n’est ni bien ni mal, juste différent de ce à quoi je m’attendais.

En résumé, si l’intrigue est un peu longue à se mettre en place, que certaines scènes cassent un peu le rythme (à cause du ton docte et professoral de l’auteur) et que les personnages ne m’ont pas paru extraordinaires, j’ai franchement passé un bon moment avec ce livre, noir et glauque à souhait, avec une atmosphère pesante particulièrement bien réussie et de nombreuses infos instructives sur les mythologies germaniques et nordiques. Mention spéciale à la couverture qui est très réussie et retranscris bien cette ambiance angoissante. (Je ne pensais pas que j’aurais autant de choses à dire sur ce livre tiens 🙂 )

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6 réflexions sur “Le songe d’Adam – Sébastien Péguin

    • Les passages complexes ne sont pas si nombreux que ça, ce n’est pas le fond de l’histoire ^^ je retiens plus l’aspect mythologique / légendes germaniques (que je ne connaissais pas du tout) ^^ mais bon on ne peut pas tout lire il faut bien faire un choix ^^

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  1. J’ai lu ta chronique en diagonale parce que je veux garder le plus de mystère possible pour ce roman. Ca fait un petit moment qu’il me tente, et tu viens de me rappeler son existence :’)

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